Assurances : Les encaissements devraient bondir de 8,4% en 2025 pour atteindre près de 38 milliards d’euros

27/03/2026

Dernière mise à jour le 27/03/2026 par Marc Kerviel

Le marché belge de l’assurance affiche une santé robuste, avec une croissance des encaissements qui confirme la vitalité du secteur. En 2025, le total des primes collectées a atteint près de 38 milliards d’euros, marquant une progression significative portée par des dynamiques variées entre les branches vie et non-vie. Cette performance, bien que solide, s’accompagne de défis structurels, notamment une pression fiscale croissante qui pourrait, à terme, affecter l’attractivité de certains produits phares comme l’assurance-vie.

En bref

  • Les encaissements totaux du marché de l’assurance en Belgique ont bondi de 8,4% en 2025, frôlant les 38 milliards d’euros.
  • L’assurance-vie individuelle est le moteur principal, avec une hausse spectaculaire de 19,6%, tirée par les produits liés aux fonds d’investissement.
  • Le segment des assurances non-vie affiche une croissance plus modérée de 3,7%, avec des performances contrastées selon les branches.
  • Les dommages assurés liés aux intempéries (tempêtes et inondations) ont connu une accalmie notable par rapport à l’année précédente.
  • Les dirigeants du secteur alertent sur les risques d’une surtaxation qui pourrait rendre les produits d’épargne moins compétitifs.

Le moteur assurance-vie : une croissance à deux vitesses

L’année 2025 a été marquée par une performance exceptionnelle des produits d’assurance-vie, qui ont une nouvelle fois porté la croissance globale du secteur. L’encaissement des assurances-vie individuelles a grimpé de 19,6% sur base annuelle, pour atteindre le montant impressionnant de 13,8 milliards d’euros. Cette tendance reflète une confiance retrouvée des épargnants, potentiellement influencée par l’environnement de taux. Cependant, cette croissance globale masque des réalités distinctes selon les types de produits.

Branche 21 et 23 : des dynamiques contrastées

Les traditionnelles assurances-vie individuelles à taux garanti (branche 21) ont progressé de 5,4%, avec un encaissement de 7,5 milliards d’euros. Cette évolution, bien que positive, est nettement moins rapide que l’année précédente où elle avait atteint +11,2%. En revanche, les produits de la branche 23, liés à des fonds d’investissement, ont connu une envolée remarquable de 31%, pour un encaissement de 5 milliards d’euros. Ce décalage illustre un changement d’appétit des investisseurs, peut-être en quête de rendements plus élevés malgré les risques associés. Comme le souligne un article des Echos, la remontée des taux a pu redonner des couleurs à certains supports, tout en réorientant les flux.

Les autres segments du marché : reprise et résilience

Au-delà de la vie individuelle, d’autres segments contribuent à la solidité du marché. Après une année en recul, le segment des assurances de groupe retrouve le chemin de la croissance, avec une hausse de 0,8% et un encaissement de 6,7 milliards d’euros. Cette reprise, bien que modeste, est un signal positif pour les contrats collectifs. Dans le domaine des assurances non-vie, la progression globale est de 3,7%, portant l’encaissement à 17,3 milliards d’euros. Cette croissance, qualifiée de « nettement inférieure aux précédentes années », mérite une analyse détaillée par branche.

Performances par branche non-vie

Le paysage des assurances non-vie est contrasté. L’assurance automobile, pilier du secteur, a vu ses encaissements grimper de 4,5% pour atteindre 4,7 milliards d’euros. D’autres branches affichent des performances robustes : la maladie (+6,7%), la responsabilité civile générale (+4,1%) et la protection juridique (+7,8%). En revanche, les assurances accidents du travail ont enregistré un léger recul de 0,5%. Ces chiffres démontrent la résilience globale du secteur face aux aléas économiques, une tendance également observée dans les données sur les cotisations sociales d’autres secteurs, où les progressions salariales ont soutenu les encaissements.

Comparateur des Encaisse­ments d’Assurances 2025

Explorez les prévisions de croissance des différentes branches d’assurance en France pour 2025. Les encaissements totaux devraient bondir de 8,4% pour atteindre près de 38 milliards d’euros.

Croissance positive
Montant en milliards
Pourcentage de croissance

Total prévisionnel : 37.3 Md€

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Branche d’Assurance Croissance 2025 Encaissements (Md€) Part du Total Visualisation

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Sources et méthodologie :

Données basées sur les projections 2025 de la Fédération Française de l’Assurance. Les montants sont arrondis au dixième de milliard. La croissance est calculée par rapport aux encaissements 2024.

Facteurs d’influence et défis à venir

La performance de 2025 ne doit pas occulter les vents contraires qui soufflent sur le secteur. Hein Lannoy, CEO d’Assuralia, met en garde contre une hausse structurelle de la pression fiscale. Il déplore que cette tendance rende le produit d’assurance-vie « de moins en moins attractif » en tant que véhicule d’investissement. Cet avertissement résonne alors que les encaissements atteignent des sommets, posant la question de la soutenabilité d’un modèle sous tension fiscale. Par ailleurs, l’environnement climatique a offert un répit relatif aux assureurs en 2025.

Aléas climatiques : une année plus clémente

Les dommages assurés liés aux intempéries ont connu une nette diminution, offrant un contraste saisissant avec l’année précédente. Les sinistres dus aux tempêtes se sont élevés à 79 millions d’euros, tandis que ceux liés aux inondations ont atteint 16 millions d’euros. Ces montants représentent une certaine accalmie comparée aux 169 et 108 millions d’euros respectivement enregistrés l’année précédente. Cette baisse, bien que favorable aux résultats techniques à court terme, ne doit pas faire oublier la volatilité et la tendance haussière à long terme de ce risque, comme l’analysent divers rapports sectoriels.

Perspectives et équilibre du marché

Le marché belge de l’assurance se trouve à un carrefour. D’un côté, les prévisions économiques pour le secteur restent positives, portées par des encaissements records et une demande soutenue. De l’autre, la combinaison d’une pression réglementaire et fiscale accrue et de la menace persistante des aléas climatiques constitue un défi de taille. La capacité des assureurs à innover, à gérer efficacement les risques et à communiquer sur la valeur de leurs produits sera déterminante pour maintenir cette trajectoire de croissance. L’évolution des taux de croissance dans les prochaines années sera un indicateur clé de la santé financière et de la résilience du secteur.

Quel est le montant total des encaissements du marché de l’assurance en Belgique pour 2025 ?

Les encaissements totaux des primes d’assurance en Belgique ont atteint près de 38 milliards d’euros en 2025, précisément 37,9 milliards d’euros, selon les estimations d’Assuralia.

Quelle branche de l’assurance-vie a connu la plus forte croissance en 2025 ?

La branche 23 de l’assurance-vie, qui comprend les produits liés à des fonds d’investissement, a enregistré la croissance la plus spectaculaire avec une hausse de 31% de ses encaissements, pour atteindre 5 milliards d’euros.

Comment ont évolué les dommages assurés liés aux intempéries en 2025 ?

Les dommages assurés ont significativement baissé par rapport à 2024. Les sinistres dus aux tempêtes se sont élevés à 79 millions d’euros (contre 169 millions) et ceux dus aux inondations à 16 millions d’euros (contre 108 millions), marquant une année plus clémente.

Quel est le principal défi pointé par les professionnels du secteur ?

Les dirigeants, comme le CEO d’Assuralia, alertent principalement sur la hausse structurelle de la pression fiscale. Ils estiment que cette surtaxation rend les produits d’assurance-vie, pourtant performants, de moins en moins attractifs pour les épargnants et pourrait menacer la croissance future.

Source: www.lalibre.be

Marc Kerviel

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