Épargne en février : les Français délaissent leur Livret A tandis que les assurances vie gagnent du terrain

27/03/2026

Dernière mise à jour le 27/03/2026 par Marc Kerviel

Le paysage de l’épargne française connaît une transformation profonde en ce début d’année 2026. Alors que le mois de février confirme une tendance lourde amorcée à l’automne dernier, les chiffres de la Caisse des Dépôts révèlent un mouvement de fond : les Français retirent davantage qu’ils ne déposent sur leur Livret A, un phénomène qui s’accentue mois après mois. Ce désamour croissant pour le placement traditionnel par excellence coïncide avec une ruée sans précédent vers l’assurance vie, dont les encours atteignent des sommets historiques. Cette bascule, loin d’être anodine, s’explique par un contexte de taux d’intérêt en baisse qui redessine les stratégies de placement des ménages, les poussant à rechercher des rendements plus attractifs pour faire fructifier leur capital.

En bref :

  • En février 2026, les Français ont retiré 740 millions d’euros de plus qu’ils n’ont déposé sur leur Livret A.
  • Cette saignée mensuelle s’inscrit dans une tendance de retraits nets continue depuis l’automne 2025.
  • Le taux du Livret A, abaissé à 1,5% depuis le 1er février, peine à retenir l’épargne.
  • En parallèle, l’assurance vie connaît une collecte record, devenant le placement privilégié des épargnants.
  • Les experts y voient une recherche de rentabilité dans un environnement de taux bas pour les finances personnelles.

Le Livret A, un placement en perte de vitesse face à la baisse des taux

Le constat est sans appel : le Livret A, pilier historique de l’épargne des Français, voit sa popularité s’éroder. Les derniers chiffres, publiés par la Caisse des Dépôts, montrent qu’en février, les retraits ont excédé les dépôts de 740 millions d’euros. Cette dynamique négative, qualifiée d’« à rebours de la tendance habituelle » par les observateurs, n’est pas un accident isolé. Elle s’ancre dans une succession de décisions qui ont rendu ce produit moins attractif. La baisse du taux de rémunération, passée de 1,7% à 1,5% au 1er février 2026, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour de nombreux épargnants. Avec un rendement net d’inflation devenu quasi nul, la fonction de réserve de sécurité du livret reste intacte, mais sa capacité à faire grossir le capital est sérieusement remise en question. Comme le souligne un reportage sur le sujet, les habitudes sont en train de changer durablement.

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Les raisons d’un désamour qui s’installe

Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce virement de bord dans les stratégies d’épargne. Tout d’abord, l’environnement économique global, marqué par un ralentissement de l’inflation, a permis à la Banque Centrale Européenne d’assouplir sa politique monétaire, entraînant une baisse générale des taux courts. Le Livret A, dont la formule de calcul est indexée sur ces indicateurs, en a logiquement pâti. Ensuite, la communication autour des alternatives plus rémunératrices s’est intensifiée. Les courtiers en ligne et les conseillers en gestion de patrimoine ne cessent de mettre en avant le potentiel de l’assurance vie, notamment via ses supports en unités de compte, pour tenter de battre l’inflation sur le long terme. Enfin, la maturité financière des épargnants a augmenté ; ils sont plus informés et n’hésitent plus à diversifier leurs actifs au-delà des placements garantis, quitte à accepter un peu plus de risque pour espérer un meilleur rendement.

L’assurance vie, le grand gagnant de cette réallocation d’épargne

Si le Livret A perd des plumes, l’assurance vie, elle, prend son envol. Les flux nets positifs vers ce contrat multisupport atteignent des niveaux records, absorbant une large partie des capitaux désertant le livret réglementé. Ce succès s’explique par sa flexibilité et son potentiel de rendement. Contrairement au Livret A, l’assurance vie permet d’investir sur des fonds euros (offrant une sécurité et un rendement souvent supérieur au livret) et sur des unités de compte (actions, obligations, OPCI) pour viser une plus-value à long terme. Cette double casquette répond parfaitement aux attentes des Français en 2026 : sécuriser une partie de leur épargne tout en tentant de la faire fructifier. Le débat entre Livret A et assurance vie est donc largement tranché en faveur du second pour quiconque a un horizon de placement de plusieurs années.

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Comment les Français réorganisent leur portefeuille

La migration des capitaux ne se fait pas au hasard. On observe une réorganisation stratégique des portefeuilles d’épargne. Une pratique courante consiste à conserver sur le Livret A un matelas de sécurité correspondant à trois à six mois de dépenses, et à orienter l’épargne excédentaire, auparavant laissée sur le livret, vers d’autres véhicules. L’assurance vie arrive en tête de liste pour cette épargne de projet (préparation de la retraite, transmission, achat immobilier futur). Les épargnants adoptent souvent une approche prudente en allouant une majorité de leurs versements au fonds en euros, et une fraction minoritaire aux unités de compte pour dynamiser la performance. Cette stratégie de placement hybride est devenue la norme pour des millions de foyers.

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Données basées sur les tendances de février : Les Français délaissent leur Livret A tandis que les assurances vie gagnent du terrain

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Tendances février

Évolution constatée : Baisse d’attractivité du Livret A au profit des assurances vie, particulièrement les unités de compte.

Note : Les rendements passés ne préjugent pas des performances futures. Les investissements en unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Données mises à jour selon les dernières tendances du marché français – Février 2024

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Les conséquences à long terme pour l’épargne et l’économie

Ce changement de paradigme dans les finances personnelles des Français n’est pas sans conséquences macroéconomiques. D’un côté, la collecte nette négative du Livret A prive l’État et les collectivités locales d’une source de financement traditionnelle pour le logement social et les travaux d’équipement, missions historiques de la Caisse des Dépôts avec ces fonds. De l’autre, l’afflux massif vers l’assurance vie redirige l’épargne des ménages vers les marchés financiers et l’économie productive via les investissements des compagnies d’assurance. Cela pourrait, à terme, stimuler l’investissement dans les entreprises. Cependant, cette évolution accroît aussi l’exposition des épargnants aux fluctuations des marchés, une donnée à intégrer dans la gestion de son capital. Comme le note un article analysant cette transition, la recherche de rendement s’accompagne nécessairement d’une éducation accrue aux risques.

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Les autres placements qui tirent leur épingle du jeu

Si l’assurance vie est la grande bénéficiaire, elle n’est pas la seule. Cette reconfiguration du paysage de l’épargne profite également à d’autres enveloppes :

  • Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) : Apprécié pour sa fiscalité avantageuse après 5 ans, il séduit les épargnants voulant s’exposer directement au marché actions européen.
  • Le Compte Titres Ordinaire (CTO) : Plus flexible, il permet d’investir sur l’ensemble des marchés mondiaux sans contrainte de durée.
  • L’immobilier locatif : Malgré la complexité fiscale, il reste une valeur refuge et une source de revenus complémentaires pour ceux qui peuvent supporter l’illiquidité et la gestion.
  • Les fonds euros des banques en ligne : Proposant des taux parfois plus compétitifs que le Livret A pour une liquidé similaire, ils captent une partie de l’épargne de précaution.

Cette diversification montre que les Français ne se contentent pas de changer de produit, mais adoptent une approche plus sophistiquée et moins centralisée de leur investissement.

Faut-il vider complètement son Livret A en 2026 ?

Absolument pas. Le Livret A conserve un rôle crucial en tant que fonds d’urgence, grâce à sa liquidité immédiate et sa sécurité absolue. L’idée n’est pas de le vider, mais de ne plus l’utiliser comme unique support d’épargne à long terme. Il est recommandé d’y conserver l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes.

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L’assurance vie est-elle risquée ?

Cela dépend des supports choisis. Le fonds en euros, proposé dans tous les contrats, est un support capitalisant dont le capital est garanti (mais le rendement non). Les unités de compte (UC), comme les fonds actions, présentent un risque de perte en capital. Le risque de l’assurance vie se gère donc par la répartition entre fonds euros et UC, en fonction de votre profil et horizon de placement.

Peut-on transférer son argent du Livret A vers une assurance vie ?

Oui, c’est techniquement possible et c’est même un mouvement très courant. Vous pouvez effectuer un virement depuis votre Livret A vers votre contrat d’assurance vie. Attention toutefois à ne pas trop ponctionner votre épargne de précaution. Il est souvent conseillé de procéder par versements programmés pour lisser l’investissement, surtout sur les UC.

Quel est le placement le plus rentable en 2026 ?

Il n’existe pas de réponse unique. La ‘rentabilité’ est toujours un équilibre entre rendement, risque et fiscalité. En 2026, pour un horizon long (+8 ans), l’assurance vie et le PEA offrent des perspectives de rendement net d’impôt intéressantes. Pour une épargne sécurisée et disponible, les fonds euros ou les livrets réglementés comme le LDDS restent pertinents, malgré des taux bas. La clé est la diversification.

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Source: www.liberation.fr

Marc Kerviel

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