L’ambiance est électrique à la Casa Rosada. Ce jeudi 5 février 2026, une mission technique du Fonds Monétaire International (FMI) a atterri à Buenos Aires avec une mission critique : auditer les comptes de l’Argentine pour valider la 7ème revue du programme de prêt de 20 milliards de dollars. L’enjeu est colossal : le déblocage immédiat d’une tranche de 1,1 milliard de dollars, vital pour éviter le défaut de paiement. Mais cette fois, le gouvernement de Javier Milei joue sa survie sur un terrain miné. Entre des objectifs de réserves manqués de manière spectaculaire et un nouveau scandale sur la fiabilité des statistiques publiques, les négociateurs du FMI, Luis Cubeddu et Bikas Joshi, arrivent avec des dossiers brûlants sur la table.
Pourquoi cet audit est le plus dangereux depuis 2024
Contrairement aux revues précédentes, l’Argentine aborde cet examen en position de faiblesse technique majeure. L’audit porte sur les objectifs fixés pour la fin de l’année 2025, et les chiffres sont rouges.
Selon les consultants privés et les premières fuites, la Banque Centrale d’Argentine (BCRA) a manqué son objectif d’accumulation de réserves nettes d’environ 13 milliards de dollars. C’est un écart abyssal. Dans une relation « normale » avec le FMI, un tel dérapage entraînerait une suspension immédiate du programme. Le gouvernement a tenté de corriger le tir en achetant massivement des devises en janvier 2026, mais le trou creusé fin 2025 reste béant dans les livres de comptes.
L’ombre de la démission de Lavagna sur les négociations
Le FMI déteste l’imprévu, et encore plus l’opacité. L’arrivée de la mission coïncide avec la démission fracassante de Marco Lavagna, le chef de l’INDEC (l’institut des statistiques), survenue le 2 février.
Le problème est double pour le FMI :
- Promesse Rompue : Lors de la revue d’août 2025, l’administration Milei s’était formellement engagée à mettre à jour la méthodologie de calcul de l’inflation avant la fin de l’année.
- Perte de Confiance : En reportant cette réforme pour cacher une inflation potentiellement plus haute, le ministre Luis Caputo a violé l’esprit de transparence exigé par le Fonds. Le spectre de 2013, année où le FMI avait émis une motion de censure contre l’Argentine pour manipulation de données, plane sur les réunions.
La stratégie de survie : Le « Waiver » politique
Comment l’Argentine peut-elle espérer toucher 1,1 milliard de dollars avec un tel bilan? La réponse n’est pas économique, mais diplomatique. Le marché parie sur un « Waiver » (une dérogation exceptionnelle).
Les analystes s’accordent à dire que le FMI fermera les yeux. Pourquoi? Parce que l’Argentine vient de payer plus de 800 millions de dollars d’intérêts au Fonds cette semaine, montrant sa bonne volonté. Mais surtout, parce que le principal actionnaire du FMI — les États-Unis — a décidé de soutenir Javier Milei coûte que coûte pour des raisons géostratégiques liées aux ressources naturelles.
Quelles conséquences pour l’économie réelle?
Si le FMI signe le chèque, le soulagement sera de courte durée. L’austérité exigée en contrepartie sera brutale. Le pays est déjà en récession (-1,7 % de PIB en 2024) et le chômage augmente. Pour combler le trou des réserves, le FMI pourrait exiger une accélération de la dévaluation du peso, ce qui relancerait mécaniquement l’inflation alimentaire, déjà à 32,2 % sur un an. Le chèque du FMI sauvera les banques, mais l’ajustement se fera, comme toujours, sur le panier de la ménagère.
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