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Crédit d’impôt EHPAD : pourquoi cette aide tant attendue est encore annulée en 2026

12/02/2026

Dernière mise à jour le 12/02/2026 par Marc Kerviel

C’est une douche froide pour le pouvoir d’achat des seniors. Alors que les factures d’hébergement en maison de retraite continuent de grimper, l’espoir de voir la réduction d’impôt actuelle transformée en un véritable crédit d’impôt remboursable s’est éteint avec le texte final du Budget 2026. Une décision technique aux conséquences lourdes pour les foyers non imposables.

La mesure semblait pourtant faire consensus sur les bancs de l’Assemblée. Transformer l’avantage fiscal actuel en crédit d’impôt aurait permis à des milliers de retraités modestes de toucher un chèque du fisc, même s’ils ne paient pas d’impôts. Mais la rigueur budgétaire l’a emporté. Voici pourquoi votre « reste à charge » ne baissera pas cette année.

Le PLF 2026 et le rejet de l’amendement « Pirès-Beaune »

C’est un scénario qui se répète malheureusement chaque automne. Lors des débats sur le Projet de loi de finances (PLF) 2026, plusieurs amendements portés notamment par la députée socialiste Christine Pirès-Beaune visaient à corriger une injustice fiscale majeure.

L’objectif était clair : permettre aux résidents d’EHPAD non imposables de bénéficier de l’aide fiscale de l’État. Aujourd’hui, seuls ceux qui paient de l’impôt sur le revenu en profitent. Malgré un vote favorable des députés en première lecture, le gouvernement a écarté la mesure dans la version finale du texte, souvent via l’usage du 49.3 ou lors de la navette parlementaire, invoquant un coût trop élevé pour les finances publiques (estimé à plusieurs centaines de millions d’euros).

Pour l’exécutif, la priorité est à la réduction du déficit, laissant de côté cette réforme sociale pourtant jugée « d’équité » par de nombreux experts du secteur médico-social.

Réduction vs Crédit d’impôt : la subtilité qui vous coûte cher

Pour comprendre la colère des associations de retraités, il faut saisir la nuance sémantique entre deux mécanismes que Google (et le fisc) distinguent nettement :

  • La Réduction d’impôt (Système actuel) : Elle vient diminuer le montant de l’impôt que vous devez payer. Si vous ne payez pas d’impôt (car votre retraite est trop faible), la réduction ne vous sert à rien. L’État ne vous verse rien.
  • Le Crédit d’impôt (La réforme rejetée) : C’est une somme que le fisc vous doit. Si vous êtes non imposable, le Trésor Public vous fait un chèque (ou un virement) du montant correspondant.

C’est ce deuxième scénario qui a été annulé pour 2026. Concrètement, une personne âgée résidant en EHPAD avec une petite retraite continue de payer plein tarif son hébergement, sans aucune aide fiscale, alors qu’un retraité plus aisé bénéficie d’une ristourne fiscale.

Un « Reste à charge » insoutenable face à l’inflation

Cette décision passe mal alors que le coût de la dépendance explose. Le tarif médian d’une place en EHPAD dépasse souvent les 2 200 euros par mois, soit bien plus que la pension moyenne des Français.

Le reste à charge (ce qu’il faut payer une fois les aides comme l’APA déduites) oblige de nombreuses familles à puiser dans leur épargne ou à solliciter l’aide sociale à l’hébergement (ASH), récupérable sur succession. Le maintien du statu quo fiscal en 2026 accentue cette pression financière sur les classes moyennes et modestes.

Ce que vous pouvez tout de même déduire en 2026

Tout n’est pas perdu pour les foyers imposables. Faute de réforme, le dispositif existant est reconduit à l’identique pour votre déclaration de revenus 2026 (sur les revenus 2025).

Vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de 25% sur les dépenses liées à la dépendance et à l’hébergement. Attention, ce calcul est plafonné :

  • Base maximale des dépenses : 10 000 € par an et par personne hébergée.
  • Avantage fiscal maximum : 2 500 € par an.

Pour en bénéficier, il faudra bien remplir la case correspondante lors de votre prochaine déclaration au printemps, en conservant les justificatifs de votre établissement. Mais pour le versement d’un crédit d’impôt universel, il faudra, au mieux, attendre le budget 2027.

Source: https://www.boursorama.com

Marc Kerviel

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