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Impôts et nouvelles taxes : qui sont les Français les plus perdants du Budget 2026 ?

08/02/2026

Le couperet est tombé ce matin. Après des semaines de débats houleux à l’Assemblée, le Budget 2026 a été définitivement adopté. Si Bercy promet un équilibre précaire, le texte final entérine plusieurs nouvelles taxes qui vont peser lourd dès janvier. Automobilistes, propriétaires, épargnants : découvrez si vous faites partie des catégories les plus impactées par ce tour de vis fiscal.

Le suspense aura duré jusqu’au bout, mais le Projet de loi de finances (PLF) pour 2026 est désormais gravé dans le marbre. L’objectif affiché par le gouvernement est clair : réduire le déficit public tout en maintenant l’investissement. Mais pour y parvenir, des concessions douloureuses ont été faites. Loin des discours techniques, ce budget se traduit concrètement par une baisse du pouvoir d’achat pour plusieurs profils de Français. Voici le décryptage des grands perdants de cette réforme.

Les automobilistes : la double peine écologique

C’est sans doute la mesure la plus impopulaire de ce budget. Les conducteurs de véhicules thermiques, et même certains hybrides, se retrouvent en première ligne. Le barème du malus écologique a été considérablement durci, abaissant le seuil de déclenchement des émissions de CO2.

Concrètement, l’achat d’un véhicule familial neuf deviendra plus coûteux dès le 1er janvier. Mais ce n’est pas tout : une révision de la fiscalité sur les carburants, justifiée par la transition énergétique, pourrait alourdir le plein d’essence de plusieurs centimes par litre. Pour les ménages ruraux dépendants de leur voiture, c’est une perte sèche de revenu disponible, aggravée par une inflation qui peine encore à se stabiliser dans le secteur des services.

Les propriétaires immobiliers face au rabotage des aides

Le rêve de la rénovation énergétique devient un peu plus difficile à atteindre. Le Budget 2026 marque un coup d’arrêt à la générosité des années précédentes concernant les aides à la rénovation. Les enveloppes allouées aux dispositifs type « MaPrimeRénov' » ont été recentrées sur les rénovations globales, laissant de côté les gestes simples (changement de fenêtres seul, par exemple) qui seront désormais moins, voire plus du tout subventionnés.

De plus, si la taxe foncière dépend des collectivités locales, la revalorisation des valeurs locatives cadastrales votée au niveau national va mécaniquement faire grimper la note pour tous les propriétaires, sans exception. Une « taxe invisible » qui risque de surprendre désagréablement à l’automne prochain.

Les épargnants : le Prélèvement Forfaitaire dans le viseur

Les détenteurs de capitaux mobiliers et les investisseurs particuliers ne sont pas épargnés. Jusqu’ici relativement stable, la fiscalité de l’épargne connaît un ajustement. Le texte prévoit une hausse ciblée du prélèvement forfaitaire (la fameuse « Flat Tax ») pour les revenus du capital dépassant certains seuils.

Cette mesure vise directement les hauts revenus, mais par effet de bord, elle pourrait toucher une partie de la classe moyenne supérieure disposant de revenus locatifs ou de dividendes d’actions. C’est un signal fort envoyé par Bercy : la rente sera davantage sollicitée pour participer au redressement des comptes publics.

Factures d’énergie : la fin du « Quoi qu’il en coûte »

Enfin, le dernier grand perdant est le consommateur d’énergie lambda. Le budget 2026 signe la fin définitive des derniers boucliers tarifaires qui subsistaient encore sous forme d’aides ciblées. La fiscalité sur l’électricité (l’accise), qui avait été abaissée pendant la crise, retrouve son niveau « normal », voire supérieur pour financer les nouveaux réacteurs nucléaires.

En résumé, ce budget 2026 ne comporte pas de hausse généralisée de l’impôt sur le revenu, mais procède par « touches » ciblées qui, mises bout à bout, alourdissent la barque. Si vous êtes un propriétaire roulant au diesel et disposant d’un portefeuille d’actions, l’année 2026 s’annonce fiscalement plus rude que 2025.

Marc Kerviel

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