Pertes record pour la banque CCF : pourquoi des centaines de postes disparaissent

20/02/2026

Alors que le secteur bancaire affiche des bilans contrastés en ce début d’année, le CCF crée la surprise avec une perte nette vertigineuse de 575 millions d’euros pour l’exercice 2025. Comment l’héritier du réseau français de HSBC en est-il arrivé à supprimer massivement des emplois tout en battant des records commerciaux ? Décryptage d’une stratégie choc.

La nouvelle a de quoi faire frémir les marchés et interroger les clients. Le Crédit Commercial de France (CCF) vient de clôturer son année 2025 dans le rouge vif. Avec un déficit net atteignant les 575 millions d’euros, l’établissement bancaire accuse le coup d’une restructuration d’une ampleur inédite. Pourtant, derrière ces chiffres alarmants se cache une dynamique commerciale paradoxale qui bouscule les codes du secteur patrimonial.

Un déficit abyssal lié à une restructuration massive

Pour comprendre cette hémorragie financière, il faut regarder du côté des ressources humaines. Le retour du CCF sur le marché français, suite au rachat du réseau de banque de détail de HSBC France, ne s’est pas fait sans heurts. La direction a enclenché un plan de transformation drastique, prévoyant la suppression de 1 250 postes.

Ce sont les coûts exceptionnels liés à ces départs volontaires et à la réorganisation interne qui plombent le bilan 2025. D’ailleurs, la direction précise que sans ce plan de restructuration massif, les résultats d’exploitation auraient été largement positifs, flirtant avec les 140 millions d’euros de bénéfices. La purge n’est toutefois pas terminée : une nouvelle vague de départs est déjà actée pour 2026, maintenant une pression financière sur l’exercice en cours.

Le paradoxe : une explosion inattendue du crédit immobilier

Si les effectifs fondent, l’activité, elle, s’envole. C’est le grand écart défendu par Niccolò Ubertalli, le directeur général de la banque, qui qualifie 2025 d’année « extraordinaire » sur le plan commercial.

Le CCF a octroyé pour 4 milliards d’euros de crédits l’an passé, soit un bond spectaculaire de 35 % sur un an. Plus impressionnant encore, la distribution de crédit immobilier a bondi de 43 %. Dans un contexte macroéconomique très concurrentiel, marqué par l’évolution récente des taux de crédit immobilier et la hausse généralisée des frais bancaires en ce début 2026, la politique d’acquisition agressive du CCF détonne et séduit. La banque a d’ailleurs attiré 3 000 nouveaux clients patrimoniaux, portant son portefeuille à 715 000 clients au total.

Quel avenir pour la banque patrimoniale et ses clients ?

L’objectif de cette « thérapie de choc » est clair : moderniser l’infrastructure pour renouer avec une forte rentabilité. Plus de 100 millions d’euros ont ainsi été injectés dans la technologie et la refonte des systèmes d’information depuis 2024.

Du côté de l’actionnaire principal, la holding contrôlée par le puissant Fonds Cerberus, l’optimisme reste de rigueur. Les économies générées par les suppressions de postes (déjà 141 millions d’euros économisés en 2025) visent à atteindre les 200 millions d’euros annuels d’ici 2028. La banque table sur un retour à l’équilibre dès la fin de l’année 2026, promettant à ses clients une institution financière plus agile et plus rentable à moyen terme.

Marc Kerviel

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