Dernière mise à jour le 03/04/2026 par Marc Kerviel
En 2025, une page s’est tournée pour les épargnants français. Pour la première fois depuis près de dix ans, le rendement réel des fonds en euros, ces piliers de sécurité de l’assurance vie, est redevenu positif. Alors que l’inflation a marqué un net recul, la performance garantie de ces supports a enfin dépassé la hausse des prix, préservant – et même augmentant – le pouvoir d’achat du capital investi. Ce rebond historique, analysé par l’ACPR, met fin à une période difficile marquée par des rendements réels négatifs. Il repose sur une conjoncture favorable combinant la remontée des taux obligataires et un retour de la confiance des épargnants. Alors que l’horizon 2026 s’annonce plus incertain avec une inflation revue à la hausse, comprendre les mécanismes de protection du fonds en euros devient essentiel pour toute stratégie d’épargne sécurisée.
En bref
- Le rendement réel des fonds en euros est repassé en territoire positif en 2025, à +1,75%, préservant le pouvoir d’achat des épargnants.
- Ce rebond historique met fin à trois années consécutives de rendements réels négatifs (2021-2023).
- Deux facteurs clés : la baisse de l’inflation à 0,9% et la hausse des taux obligataires qui composent ces fonds.
- La collecte nette est redevenue positive en 2025, signe d’un retour de confiance.
- Pour 2026, le rendement nominal devrait rester stable, mais tout dépendra de l’évolution de l’inflation.
Le grand retour du rendement réel positif
Les chiffres publiés par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) au printemps 2026 ont apporté une bouffée d’oxygène aux détenteurs d’assurance vie. Le taux moyen de revalorisation des fonds en euros s’est établi à 2,65% pour l’année 2025. Si ce chiffre semble quasi identique au 2,64% de 2024, la réalité sous-jacente est bien plus réjouissante. La chute de l’inflation, passée de 2% à seulement 0,9% sur la même période, a opéré une transformation radicale. Le rendement réel – c’est-à-dire la performance nette de l’érosion monétaire – a ainsi bondi de 0,64% à 1,75%. Il faut remonter à 2016 pour observer un niveau aussi favorable. Concrètement, cela signifie que l’argent placé sur ces supports n’a pas seulement été préservé de la hausse des prix ; il a gagné en valeur réelle, restaurant sa fonction première de protection financière.
Tourner la page des années de rendements négatifs
Ce rebond prend toute sa signification à la lumière du contexte immédiat. La période 2021-2023, marquée par la flambée inflationniste post-Covid et l’impact du conflit en Ukraine, avait été particulièrement rude pour les fonds euros. En 2022, au pic de l’inflation à +5,2%, le rendement réel moyen était tombé à -3,31%. Les épargnants subissaient alors une érosion significative de leur pouvoir d’achat, malgré la garantie du capital. Ces trois années consécutives dans le rouge avaient sérieusement entamé l’attrait de ce pilier de l’épargne sécurisée. Le retour à un territoire positif en 2025 marque donc un tournant psychologique et financier majeur, redonnant tout son sens au contrat d’assurance vie fonds euro.
Les moteurs du rebond : taux et confiance retrouvée
La performance de 2025 ne doit rien au hasard. Elle est le fruit de deux dynamiques positives qui se sont renforcées mutuellement. Premièrement, la remontée des taux d’intérêt sur les marchés obligataires, où sont investies la grande majorité des actifs des fonds euros, a mécaniquement amélioré les revenus générés. Deuxièmement, et c’est un signal fort, la collecte nette est repassée dans le vert après cinq années de décollecte. Avec un excédent de versements sur les rachats de 6,4 milliards d’euros, les épargnants ont manifesté un regain de confiance. Cette liquidité nouvelle permet aux assureurs de renouveler leur portefeuille d’obligations à des taux plus attractifs, créant un cercle vertueux pour la performance future.
Tableau Comparateur : Fonds en Euros vs Inflation
Visualisez comment votre fonds en euros a protégé (ou non) votre pouvoir d’achat depuis 2021. Le rendement réel (rendement nominal – inflation) est l’indicateur clé.
| Année | Rendement Nominal Moyen | Taux d’Inflation | Rendement Réel | Contexte Économique | Protection du Pouvoir d’Achat |
|---|
Évolution du Rendement Réel (2021-2025)
Le fonds en euros ne compense pas l’inflation. Le pouvoir d’achat baisse.
Le fonds en euros surpasse l’inflation. Le pouvoir d’achat est protégé.
Projections basées sur les tendances actuelles et prévisions économiques.
Pourquoi le capital garanti reste un atout majeur
Dans un environnement économique parfois volatile, la caractéristique fondamentale du fonds en euros – la garantie du capital par l’assureur (hors frais et fiscalité) – reprend tout son éclat. Alors que d’autres supports peuvent subir des fluctuations à la baisse, le fonds euro offre une sécurité absolue sur le montant investi. Cette stabilité est précieuse pour constituer un matelas de sécurité, préparer un apport immobilier ou sécuriser une partie de son patrimoine. Comme le détaille ce guide complet sur les fonds euros, cette garantie en fait un outil indispensable dans une stratégie d’investissement équilibrée, souvent utilisé en complément d’unités de compte pour potentialiser les rendements.
Horizon 2026 : entre stabilité des rendements et incertitude inflationniste
L’année 2026 s’ouvre sur un paysage plus contrasté. Les experts, comme ceux de La Banque Postale, anticipent un rendement nominal des fonds euros légèrement en progression, autour de 2,70%. Cependant, l’équation du rendement réel dépendra essentiellement de la trajectoire de l’inflation. La Banque de France a révisé récemment ses prévisions à la hausse, à 1,7% pour 2026, en raison de tensions géopolitiques au Moyen-Orient affectant les prix de l’énergie. Si ce scénario se confirme, le rendement réel resterait positif, mais plus modéré qu’en 2025. Cette perspective souligne l’importance de suivre les taux des fonds en euros et la conjoncture économique pour ajuster sa stratégie d’épargne.
Adapter sa stratégie d’assurance vie au nouveau contexte
Face à cette donne, une approche intelligente de l’assurance vie consiste à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Le fonds en euros doit retrouver sa place de valeur refuge au sein d’une enveloppe diversifiée. Pour optimiser le potentiel de son contrat, il peut être judicieux d’allouer une partie de l’épargne sur des unités de compte (UC), qui offrent un potentiel de performance supérieur à long terme pour compenser le risque inflationniste, tout en conservant un socle sécurisé en fonds euros. Cette logique de diversification, qui constitue le cœur des contrats multisupports, est la clé pour concilier protection financière et recherche de rendement. Des analyses approfondies sur des sites spécialisés comme Économie Politique permettent d’affiner cette vision.
Un rendement de 2,65% en 2025, est-ce une bonne performance ?
Tout dépend du point de comparaison. En nominal, c’est une performance stable. Mais la vraie bonne nouvelle est le rendement réel de +1,75%, obtenu après déduction de l’inflation à 0,9%. Cela signifie que votre épargne a réellement progressé en pouvoir d’achat, ce qui n’était plus arrivé depuis 2016. C’est donc une excellente performance dans son contexte.
Le fonds en euros est-il toujours sans risque ?
Le fonds en euros garantit le capital que vous avez versé (hors éventuels frais de gestion et fiscalité). Il n’y a donc pas de risque de perte en capital comme sur les actions. Le principal risque qu’il a subi récemment est le risque inflationniste, c’est-à-dire que son rendement soit inférieur à la hausse des prix, ce qui érode le pouvoir d’achat. En 2025, ce risque a été contré.
Faut-il privilégier le fonds en euros par rapport aux unités de compte en 2026 ?
Pas nécessairement. La bonne stratégie est souvent la diversification. Le fonds en euros est idéal pour sécuriser une partie de votre épargne et préserver votre pouvoir d’achat dans un contexte de rendement réel redevenu positif. Les unités de compte (SCPI, actions, obligations…) offrent un potentiel de croissance supérieur à long terme pour lutter contre l’inflation. L’équilibre entre les deux dépend de votre profil de risque et de vos objectifs.
Pourquoi parle-t-on des performances 2025 seulement en 2026 ?
Il existe un décalage d’un an dans la publication des taux. Les assureurs ont besoin de clôturer leurs comptes, d’auditer leurs résultats et de les déclarer à l’ACPR. Ce n’est qu’au premier trimestre de l’année N+1 que le taux définitif de revalorisation des fonds en euros pour l’année N est connu et communiqué aux épargnants. C’est une procédure standard qui garantit la fiabilité de l’information.
Source: www.boursorama.com
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