Dernière mise à jour le 23/04/2026 par Marc Kerviel
L’achat d’un bien immobilier en couple, financé par un emprunt conjoint, représente un engagement majeur. Pourtant, en cas de séparation, la récupération des sommes investies n’est pas automatique — elle dépend en grande partie de votre régime matrimonial.
Le régime primaire impératif : une règle que tout époux doit connaître
Lors de la célébration du mariage, l’officier public lecture du régime primaire impératif, qui s’applique à tous les couples mariés quel que soit leur contrat. Au-delà des obligations classiques (fidélité, respect, assistance), ce régime impose le devoir de contribution aux charges du ménage : alimentation, santé, logement, éducation des enfants, etc.
Comment se répartit la contribution aux charges du ménage ?
En principe, chaque époux contribue proportionnellement à ses revenus. Toutefois, un contrat de mariage peut prévoir des clés de répartition différentes — bien que cela soit déconseillé en pratique, les revenus évoluant au fil du temps.
Les époux peuvent également insérer une clause de présomption d’acquittement, selon laquelle chacun est réputé avoir rempli quotidiennement son obligation. Conséquence directe : en cas de divorce, aucun compte n’est fait entre eux.
Régime communautaire ou séparation de biens : quelles différences ?
Sans contrat de mariage, vous êtes soumis au régime légal de la communauté réduite aux acquêts. Vos salaires entrent dans la masse commune ; s’ils servent à rembourser un emprunt pour un bien commun, le partage en cas de divorce est simple : chacun récupère la moitié.
Sous un régime de séparation de biens, vos revenus restent personnels. Lorsqu’ils financent un crédit immobilier contracté en indivision pour le logement familial, la jurisprudence est constante : cela est considéré comme une contribution aux charges du ménage. La situation est différente pour un investissement locatif, qui n’est pas assimilé au logement de la famille.
Le rôle déterminant du contrat de mariage en cas de divorce
En cas de séparation sous un régime de séparation de biens, le contrat de mariage doit être examiné attentivement. Si celui-ci contient une clause de présomption d’acquittement, l’époux ayant remboursé une part supérieure à sa quote-part de détention ne pourra pas en réclamer le remboursement.
Exemple concret : Monsieur et Madame détiennent chacun 50 % du bien, intégralement financé par emprunt. Dans les faits, Monsieur a remboursé 60 % du prêt, Madame 40 %. Au divorce, chacun récupère 50 % du bien — Monsieur perd les 10 % supplémentaires qu’il a financés.
Des recours existent malgré tout
Tout n’est pas perdu. Il est possible de démontrer une surcontribution globale aux charges du ménage et d’en demander le remboursement à son conjoint devant le juge.
La voie amiable reste préférable : les deux parties peuvent convenir d’un partage transactionnel reconnaissant que l’un des époux a supporté seul le remboursement du prêt, rétablissant ainsi un équilibre équitable sans passer par les tribunaux.
Source: https://www.axeconseilspatrimoine.fr
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